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Poème

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Auteur du poème : Laurent
Date de publication (pseudo) : 21/11/11
Type de poème : Lettres ouvertes
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L'immense Troupeau
On m’a enfermé dans l’humanité, Non, je n’ai pas dit solidarité. Simple mouton dans l’immense troupeau, J’ai un message pour tous mes égaux. A cet arbre que l’on a tronçonné Pour te donner ce morceau de papier ; Il frémissait d’espèces animales, Lui, qui faisait garde-manger tribal. A ce gamin qui fabriqua mes pompes, Dont la misère jamais ne s’estompe, Sa mère est sur les trottoirs de Bangkok Pour une simple pincée de breloques. Au pauvre malade, au pauvre martyr, Qui ne paye pas, qu’on laisse mourir Pour ne pas couler le bel hôpital, Pour ne pas payer la pierre tombale. Au vieux con de trader millionnaire, Qui spécule pour d’autres mercenaires, Et pour le jeune petit ouvrier Qui, ce matin, a été remercié. Au petit algérien né à Créteil, Et qui a grandit près de Marseille, Qu’on a expédié au matin, pieds-nus, Dans un pays qui lui est inconnu. A la petite fille qui, à l’heure Du goûté est avec le professeur, Et soulage péniblement les envies Du vieux qui a déjà gâché sa vie. A plus d’un français sur cinq, aujourd’hui, Qui, borné, et de plus, étroit d’esprit, Dépose un bulletin pour le FN, Aveuglés, sans nul doute, par la peine. A l’Afrique que l’on viole et l’on vole, Pour ne perdre une goutte de pétrole, Pour assassiner la planète Terre, Et puis ceux qui t’appelleront « Grand-père ! ». A l’enfant ignorant et innocent, Tué par une bombe de l’OTAN. ONU ! garante de la paix, si chère, Voyez-vous de là-haut les bouts de chaire ? A tous ces jeunes gamins inconscients Qui - et bien oui ! - financent l’armement Quand ils s’en vont acheter des bonbecs. Enfants à la guerre, mais on fait avec. Et puis à vous : Dieu, Allah et les autres ! Que l’Homme a fait de ce monde le vôtre ! Désormais, moi, je ne crois plus en rien, Puisqu’on m’a dit « tuer n’est pas le bien ! ». Puisque notre monde a perdu sa course, Brûlons les églises, brûlons la Bourse ! Rien ne sert de pleurer sur notre sort, L’utopie existe peut-être encore…

 

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